L’automne est là depuis un mois maintenant, j’aime cette saison.
Il y a un an, j’étais de l’autre côté de l’Atlantique. Je suis rempli de mélancolie en y repensant, mais je m’y sens bien. Je crois que je l’ai apprivoisée, cette mélancolie.
J’ai envie d’être là-bas. Je ferme les yeux, je suis dans un chalet à Charlevoix, au bord du Saint-Laurent. Par la baie vitrée du balcon, je regarde les arbres colorés, ce calme. Ou alors, je suis au volant, sur la route qui longe le Saguenay, les Cowboys Fringants dans les enceintes. Il me tarde tellement de retourner au Québec.
Mais ce matin, je suis devant mon ordi, avec mon café. L’album live de Mouss et Hakim défile dans les enceintes de mon salon. Ça me fait du bien de les entendre. Hier, un terroriste a ouvert le feu et a tué. Un acte raciste. Je n’en peux plus de l’être humain. Je n’en peux plus de ces gens avec tout plein de vide derrière les yeux.
“Pardon Madjid, c'était un peu ma faute
La faute à cette France qui fit leur ignorance
Pardon Madjid, c'est le bruit, c'est l'odeur
C'est le blanc, c'est le beur et c'est leur différence
Ils t'ont montré du doigt, ils t'ont parlé un peu
Pour te dire que chez toi, ce n'était pas chez eux
Mais les hommes sont ainsi, et leurs femmes, trop souvent
Ont le même raccourci qui finit dans le sang”
Les Ogres De Barback & Magyd Cherfi
Je viens de terminer la retouche des images prises il y a deux semaines lors d’un week-end au Pays basque. Nous avions loué une grande maison pour fêter les 10 ans d’une association dont je fais partie. Même si je ne suis plus très actif, je reste attaché aux personnes qui la composent. Et ça fait du bien de se retrouver entre personnes qui partagent les mêmes valeurs et la même vision du monde.
J’ai hésité sur ce que j’allais faire de mon week-end : partir deux jours en montagne en Espagne, loin des fous, ou rester ici pour aller manifester de nouveau. Mais le roi qui dirige mon pays a décidé de violer la Constitution une fois de plus et d’interdire la manifestation que je comptais rejoindre ce matin. Ma fille a eu le courage de prendre le train pour aller manifester à 150 km d’ici. Pas moi. Pas cette fois, je n’en ai pas la force. Et je suis tellement en colère que j’ai peur d’y aller, je crois …
Alors, je me réfugie dans mes photos et j’essaie de laisser les réseaux sociaux fermés.
Et demain ? Demain, je monte sur mon vélo et je roule …